Le gros bon sens dans la rue

Les subventions Go de l’initiative YouthScape diffèrent de bien d’autres programmes de subventions jeunesses à Calgary parce qu’elles vont chercher les jeunes « marginalisés ». Par l’entremise de ces projets, YouthScape Calgary prend les devants pour travailler avec les plus « marginalisés » de tous : les jeunes de la rue.
Ce groupe pose un risque accru du point de vue du financement en raison de son manque de stabilité et sa nature hautement transitoire, mais les projets bénéficiant d’une subvention Go offrent des occasions d’apprentissage unique et la possibilité d’avoir une incidence importante dans la vie des jeunes!

Voici trois exemples de projets realises :

1. Un jeune de la rue voulait organiser un programme d’emprunt de vélos à un centre d’hébergement pour jeunes, comme moyen de tenir les jeunes hors des établissements correctionnels. Cette idée découlait du fait que bien des jeunes sont incarcérés parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer l’amende pour avoir utilisé le transport en commun sans billet.

2. Une jeune a travaillé pour améliorer les aptitudes à la communication de ses pairs et pour former des partenariats entre jeunes et adultes en vue d’aider les jeunes sans abri.

3. Un groupe de jeunes a participé à un programme baptisé Bounce Back [se remettre sur ses pieds], qui leur a permis de faire un vidéoclip montrant la réalité de la vie dans les rues de Calgary. Ils ont travaillé avec la Ville de Calgary, le Club garçons et filles de Calgary et une équipe d’artistes professionnels du
hip-hop. Le vidéoclip a été diffusé au festival artistique urbain Live Styles à Calgary devant plus de 700 personnes.

Voici une partie de ce que nous avons appris :

Par l’entremise de ces initiatives, nous avons acquis des connaissances importantes et découvert de nouvelles stratégies pour travailler avec les jeunes de la rue.

  • « S’engager à financer au lieu de financer l’engagement » Le recrutement doit se faire de manière beaucoup plus active. La publicité doit dépasser le bouche à oreille, les affiches et les dépliants. Elle doit rejoindre les communautés qui sont « exclues » du système. Pour aider les jeunes à présenter des demandes, il faut que nos stratégies de recrutement actif prévoient de les aborder dans le transport en commun, de faire participer les organismes desservant les jeunes (p. ex. : les centres d’hébergement pour jeunes) et de bâtir des relations par le biais de programmes comme Bounce Back.

  • Redéfinir la « réussite » Il peut être difficile et décevant de définir ce que constitue une « réussite » quand il s’agit de mobiliser des jeunes de la rue. Souvent, il y aura des réunions où personne ne se présentera ou des interruptions quand une conversation rappelle un souvenir à la mémoire d’un jeune. Il ne faut pas oublier que la démarche importe davantage que les gros chiffres ou les grandes transformations. De notre point de vue, même la présence de quelques jeunes à nos réunions
    constituait une énorme réussite.

  • Débloquer les fonds graduellement au fil des étapes-clés. Après avoir perdu de vue un jeune subventionné avant qu’il ait terminé son projet, nous avons appris qu’il faut débloquer les fonds graduellement. Maintenant, nous travaillons préalablement avec les jeunes pour établir les
    différentes étapes de leur projet et nous versons les fonds à mesure qu’ils
    franchissent les étapes prévues.

  • Accroître le suivi et le soutien continu. Les jeunes de la rue vivent de grands défis qui peuvent nuire à leur capacité de respecter leurs engagements s’ils ne bénéficient pas d’un soutien. Il est essentiel de fournir un soutien significatif pour pouvoir nourrir leurs idées et les mettre en oeuvre.

    Parfois, l’aide dépasse largement celle offerte dans le cadre du projet et va jusqu’à l’aide pour répondre aux besoins de base du jeune, pour traiter la toxicomanie, pour acquérir des compétences de base, et pour composer avec leurs peurs et leurs émotions. Par exemple, l’une des jeunes subventionnés a
    disparu pendant un mois et a dû utiliser sa subvention pour subvenir à ses besoins durant une crise. De tels incidents nous ont appris à accroître la fréquence et la qualité de nos suivis avec nos bénéficiaires et les organismes qui les appuient.
  • Prendre des risques! Aucun programme de financement destiné aux jeunes « marginalisés » ne
    connaîtra de succès à moins d’avoir une certaine tolérance au risque. Il faut délibérément cultiver cette tolérance.

Nous continuons à devoir justifier s’il est raisonnable de s’attendre à ce que ces jeunes, dont la vie est passablement chaotique et instable, puissent se concentrer sur un projet et respecter leurs engagements. Nous avons vu, toutefois, que l’engagement mène à la confiance et à l’émergence de nouvelles habiletés, et que des initiatives menées par des jeunes peuvent jouer un rôle important pour aider les jeunes de la rue à trouver la voie de la guérison et de la stabilité.

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« Le programme Bounce Back m’a aidé à surmonter mes propres obstacles. »
— Jeune participant ,Bounce Back

« J’ai pu voir l’inspiration chez les jeunes, ce qui a été une source d’inspiration pour moi. »
— Un artiste travailant des jeunes de la rue, BOUNCE BACK

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